Tour 2007 : 5 équipages !

 

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Tour ULM Nord Est France – du 2 au 9 août 2007

- Rédacteur : Benoît Christiaens  -

Avertissement

Ceci est le rapport officiel des Nations Unies sur le  TUNEF 2007 ® (TUNEF étant l'acronyme mondialement connu du Tour Ulm Nord Est France – est-il besoin de le préciser ?)

Conformément aux conventions internationales, le Droit à l'Image des participants a fait l'objet d'une licence intergalactique illimitée au profit du rédacteur. Toute ressemblance avec des faits ou des personnages existants ou ayant pu exister est parfaitement véridique, malgré les digressions navrantes de l'auteur.

Toute reproduction partielle ou totale du présent TUNEF 2007 ® est violemment autorisée, sous peine d'une astreinte journalière d'un fût de bière (Chouffe de préférence mais Heineken fera l'affaire).

 

La fine équipe :

  Réjane et Benoît CHRISTIAENS sur Storch 582 (Bar le Duc, 55)

  Roland NICOLAS sur pendulaire (Marville, 55)

  Thérèse et Jéro HAJEWSKI sur pendulaire (Sedan, 08)

  Denis LOGEROT sur Tétras 912 (Bar le Duc, 55)

  Jeanne-Marie et Jean-Noël RATEAU sur pendulaire (Charleville, 08)

Une belle idée !

Ayant fait l'acquisition de ma cigogne à l'automne 2004, je décide de m'inscrire au Tour ULM 2005 organisé par la Fédération ULM (FFPLUM) ; à la recherche d'informations sur le forum du site Nav2000, un certain Jéro – singulièrement aguerri – m'explique combien ce sera difficile pour un freluquet de mon acabit. Mais, magnanime, il accepte de me prendre sous son aile protectrice et de faire ensemble la route vers le point de départ du Tour (Cholet) puisque nous sommes basés à quelques encablures : lui à Sedan, moi à Bar le Duc.

C'est ainsi qu'une amitié sincère, virile mais chaste est née – au point que nous avons décidé de remettre ça l'année suivante. A l'issue de notre deuxième Tour conjoint, nous nous sommes dit que c'était bien sympa, mais qu'une organisation pour 130 appareils apportait un lot de contraintes dont nous aimerions nous passer.

C'est ainsi qu'est née l'idée pour l'année suivante de notre tour à nous, limité à 5 machines avec de petites étapes, une voiture suiveuse et une logistique légère.

Après une phase de recrutement hyper sélective, Roland, Denis, Jeannot et sa Jeannette ont été nominés, adoubés et admis au prestigieux TUNEF 2007 ®. Bravo !

 

Une préparation minutieuse

Il faut rendre à Jéro ce qui est à César : car c'est lui (Jéro, pas César) qui a fait le plus gros du boulot de préparation, en particulier pour trouver un itinéraire et des étapes sympas, trouver le gîte et le couvert, prévenir les terrains d'accueil … etc.

Merci à Denis, qui a prêté sa remorque, merci à Réjane et son Espace, Jeannette et Thérèse qui ont assuré avec brio les liaisons routières – sans compter l'intendance solide et liquide qui n'a jamais fait défaut.

Après une ultime réunion de préparation le dimanche 1er juillet à Marville, cette fois c'est sûr : on part du 2 au 9 août – les forces armées n'ont qu'à bien se tenir !

 

Etapes prévues

 


Jeudi 2 août : Convergence vers Dieuze

Le grand jour est enfin arrivé. Jeannette rejoint Clermont avec les malles et les sacs de voyage des trois pendulaires. On case le tout dans l'Espace et la remorque que je suis passé prendre la veille chez Denis à Nettancourt ; et voilà Jeannette et Réjane parties en direction de Dieuze.

Pendant ce temps, les pendulaires se sont donné rendez-vous à Marville et prennent le départ vers 16h00 en contournant Metz par le Nord, via Thionville.

 

Point de vue de Saxon-Sion (photo web)

Je rejoins Denis sur notre terrain de Bar le Duc. La météo est incertaine avec quelques orages annoncés localement. Finalement, on part vers 17h30 et on contourne Nancy par le Sud en évitant quelques grains ; on verra même quelques éclairs pas trop loin, juste de quoi nous rappeler que nous sommes bien peu de choses en ce bas monde ; finalement, on n'essuiera que quelques gouttes, juste de quoi nettoyer un peu le plexi. On passe entre la Colline Inspirée de Saxon-Sion (photo ci-contre) et l'aéroport d'Epinal Mirecourt, avant de passer à la verticale du château de Craon et de traverser la Moselle à hauteur du château de Neuviller.

 

          L'arrivée se fait sans encombre, avec une tentative hasardeuse du Storch pour rejoindre le parking via un chemin cahoteux… demi-tour sur le conseil avisé de Jéro pour rejoindre la piste et le parking de façon un peu plus académique…

L'accueil des membres du Club est très sympa. Après un apéro (déjà) bien mérité qu'ils nous offrent fort gentiment, on casse la croûte à la bonne franquette, Réjane nous avait prévu de quoi largement dîner, sans mourir de soif…

Par ce temps incertain, pas besoin de déplier les tentes : on logera tous dans le Club House : à la guerre comme à la guerre !

 

On pousse les tables et on installe nos sacs de couchage sur les matelas pneumatiques ; on n'a toujours pas d'explication officielle sur les raisons qui ont poussé Denis à dormir derrière le bar : probablement une question d'habitude ?

                   


 

Vendredi 3 août : Dieuze – Fournet Blancheroche

On aurait pu s'attendre à un réveil en fanfare : faut pas oublier qu'on est sur un terrain quasi militaire, presque réservé au seul usage de l'armée puisqu'il n'est pas ouvert à la circulation aérienne publique, ce qui limite méchamment les possibilités de développement du Club.

Notre organisation est rapidement rôdée : deux volontaires prennent la voiture et la remorque pour faire le plein des bidons d'essence et rapporter moult viennoiseries.

On prend le temps de déjeuner et re-déjeuner, boire le café et re-boire le café ; il faut dire qu'on a le temps : la météo ne permet pas de passer le relief des Vosges ; on patientera la matinée en compagnie des paras et de leur fameux Pilatus, qui n'aura pu faire qu'une seule rotation – le plafond étant trop bas.

On aura même droit au passage du Colonel Chef de Corps ; tout le monde au garde à vous en un instant dès qu'il pointe le bout de son nez ; ça rappelle des souvenirs de bidasserie déjà un peu lointains…

 

Après moult tergiversations et de multiples examens de cartes, on décide d'attendre que le plafond se lève; après un en-cas vers midi, on profite d'un ciel un peu moins gris pour prendre la direction du Haut-Doubs; tant pis pour l'étape du Val d'Ajol : ce sera pour une autre fois !

Denis et moi décidons de faire un détour par le plan incliné de St Louis avant de traverser le massif des Vosges par un temps assez gris. Passé le plan incliné via Sarrebourg, on prend un cap au sud en direction de Fournet-Blancheroche. Il faut faire un peu de slalom entre les sommets pour passer le relief sous les nuages.

 

On survole Saint Dié, Gérardmer et le Ballon d'Alsace. Après quoi le relief s'estompe ; sous le soleil, le contraste est saisissant. On passe Belfort et Montbéliard avant d'arriver à destination, à quelques kilomètres de Morteau. Pas mécontent de me poser après un vol d'environ 2h30. Le reste de la troupe volante arrive dans la foulée.

 

Le ciel est bleu, les oiseaux chantent… le paysage est vraiment enchanteur. Mais on a beau être au mois d'août et à une altitude de 900 mètres, l'air est tout de même un peu frais. On fait la causette avec Mr Jacquot, le propriétaire des lieux, en attendant Réjane et Jeannette qui auront dû faire 300 km pour cette liaison.

J'en profite pour emmener ma Réjane faire un tour à bord de ma cigogne ; on admire le paysage et le doux relief du Haut Doubs, à la frontière Suisse : vraiment sympa…

 

On s'installe dans le Club House (avec dortoir s'il vous plait, le grand confort) avant de charger la bétaillère pour se payer un bon restau à quelques kilomètres de là : ce fut fort bon !

 


 

Samedi 4 août : Fournet Blancheroche – Doucier – Bellegarde

Après le traditionnel remplissage des bidons d'essence à la station la plus proche, on s'installe au soleil pour prendre le petit déjeuner.

 

Agréable petit-dèj. à Fournet-Blancheroche

 

La météo nous annonce un temps de rêve pour ce qui sera une de nos plus belles étapes : on suit la vallée du Doubs par Morteau et Pontarlier et on survole le Lac de Saint Point avant d'arriver sur la plate forme ULM de Doucier ;

on aura même droit à une vue imprenable sur le Mont Blanc à notre gauche ; comme c'est beau !

Arrivés à Doucier, on fait connaissance de Mr Putod, le propriétaire des lieux qui enchaîne sans fléchir les baptêmes à bord de son pendulaire. Grâce à une logistique imparable, on déplie les tables et on s'installe pour le casse croûte et un après-midi farniente. On décide de prendre notre temps avant de prendre un cap au sud en direction de Bellegarde pour profiter d'une météo tranquille et de la meilleure lumière.

 

 

 

La distraction du jour aura été de suivre les péripéties d'un copain du crû qui aura tenté vainement de faire tourner "durablement" le moteur de son drôle d'oiseau : peine perdue ; après quelques jurons bien sentis, il repartira avec son moteur sous le bras…

 

Nous voilà repartis pour une étape d'une soixantaine de kilomètres en direction de Bellegarde. Denis et moi décidons de faire un léger détour par l'ouest, pour passer par les gorges de l'Ain et le lac de Vouglans. Les pendulaires prennent une route directe sur Bellegarde et nos routes divergent petit à petit ; Denis nettoie frénétiquement le plexi de sa porte gauche sans parvenir à en défaire trois moustiques… damned, ce sont les pendulaires au loin qu'il confond avec ces petites bestioles.

Il annonce sa surprise sur la fréquence 123.45, ce qu'entendent les dits moustiques qui n'en reviennent encore pas. Mais voilà qui est dit,  la patrouille des moustiques gardera son surnom jusqu'à la fin de notre périple… et au-delà !

Denis et moi passons par Nantua et suivons l'enchevêtrement de routes avant de piquer sur notre terrain de destination par un soleil toujours brillant. On se pointe en même temps que les pendulaires, et l'arrivée est un poil bordélique ; sans vent bien net sur le terrain, on se pointe à l'envers avant de se remettre dans le bon sens ; on se met à la queue-leu-leu et les cinq machines finissent par se poser en bonne et due forme.

 

    Ni une, ni deux ; j'embarque ma Réjane pour lui faire découvrir les environs (remarquez au passage l'incroyable aisance du pilote qui salue le photographe au décollage : du grand art !).

    On prend un cap au sud, longeant le Rhône en direction du Lac du Bourget.

 

 

    On remonte ensuite vers le nord, en passant à l'ouest de la montagne du Grand Colombier au-dessus duquel le Mont Blanc se teinte de la rosée du soleil couchant : magnifique

 

De retour à Bellegarde, on installe les toiles de tente (faut bien les user un peu ; jusqu'ici elles n'ont pas du tout servi. A la nuit tombante, on part à la recherche d'un restaurant où on fêtera comme il se doit l'anniversaire de l'ami Denis. C'est pas tous les jours qu'on a 20 ans !

!

 

L'anniversaire de Denis


 

Dimanche 5 août : Bellegarde – chez Albert – Feurs

 

 

Après le petit déjeuner pris sous un soleil encore radieux (la météo nous annonce une journée caniculaire ; tant mieux !), voilà-t-y pas que l'ami Albert vient nous chercher, probablement de peur qu'on oublie de faire étape chez lui comme prévu?

 

En réalité, il vient nous fournir de précieux conseils sur la façon d'aborder sa piste : pas très longue, bordée d'une ligne téléphonique et d'une ligne moyenne tension d'un côte ; de gros arbres de l'autre. Gloups ! Il nous annonce tranquillement qu'avec deux crans de volets et une finesse de 7 ou 8, ça passe à l'aise ; forcément, pour les moustiques qui sont capables de tomber comme des fers à repasser, ça pose encore moins de problème. Pour ma cigogne, sans volets, avec une finesse de 14 et un pilote du dimanche assez peu sûr de lui, ça s'annonce délicat. Je verrai bien ce que ça dit à la verticale du terrain, avant de me dérouter probablement sur le terrain le plus proche (Belleville).

En attendant cet instant fatidique, on quitte Bellegarde par le sud et la vallée du Rhône en direction du lac du Bourget. C'est toujours aussi beau ; le temps magnifique ne gâche rien !

La ballade est très agréable ; on passe au-dessus du terrain de Philippe Zen qui est justement en vol et nous impressionne par ses évolutions de haute précision ; on poursuit au sud par Belley-Périeux jusqu'à Aoste (on est toujours en France), puis cap nord-est en direction d'Ambérieu par Morestel – on passe pile entre les centrales nucléaires de Creys et Bugey.

 

Il nous faut contourner la CTR de Lyon par le Nord avant de prendre notre cap sur le terrain d'Albert. Du côté de chez Albert, il y a beaucoup d'eau ! Ce sont les mille étangs de la Dombes.

Denis me précède, mais à 1 000 ft ne parvient pas à mettre l'œil sur la piste ; à peu près certain de ne pas pouvoir me poser, je suis 1 000 ft plus haut – d'où je peux radio-guider Denis et le voir se présenter tranquillement en finale ; armé d'une radio portative en bordure de piste, Albert veille à la manœuvre et annonce à Denis que c'est tout nickel pour poser – ce qui est fait illico presto. Quant à moi, je trouve la piste un peu courte ; je décide de faire une approche, descend à 1 000 ft, entreprend un virage par la gauche à 270 °… et je paume la piste (!) ; je me dirige vers un gros corps de ferme qu'Albert nous avait donné comme repère et me trouve à peu près aligné sur la piste ; je passe la cime des arbres, moteur réduit ; Albert me dit que c'est tout bon (vais-je poser ?) ; je poursuis la descente à faible vitesse en frôlant les arbres sur ma gauche ; je relâche légèrement le manche pour conserver suffisamment de vitesse ; arrondi et hop : posé ! Je n'en reviens pas.

Les moustiques nous suivent et se posent sans encombre. Jeannot a juste voulu épater la galerie en se posant quasiment à plein régime : la frime ! (ou alors il a oublié la commande des gaz ?).Nous voilà donc chez Albert, jeune retraité occupé (entre autres choses) à la construction d'un pi-plan kiebitz déjà bien avancée.

Accueillis comme des rois, on fait le tour du propriétaire avant de passer à table. Et pour le fun, on fait rentrer nos machines dans la cour de la ferme : le spectacle saisissant émerveille l'ami Albert qui n'en revient pas.

 

       

      Vu la chaleur, on décide de laisser passer l'après-midi en farniente avant de prendre la direction de notre étape du soir, Feurs.

Pour cette étape, Thérèse prend le relai au sol et je peux emmener ma Réjane dans le ciel. Je prends un maximum de piste pour décoller : à pleine charge et par cette chaleur, chaque mètre est précieux pour passer la ligne électrique et la ligne moyenne tension en bout de piste.

 

Un petit coucou et nous voilà partis, en compagnie d'Albert qui n'aura pas résisté à l'envie de nous accompagner. Cap à l'est au nord de Belleville, puis au sud avec quelques détours pour admirer quelques belles propriétés, les châteaux de La Palud, La Chaize, St Sorlin, Le Sou, Rochebonne, La Plachère, Avauges, Chamousset, … etc. La région est riche !

   

 

 

Arrivés à Feurs, on sait que la météo ne nous promet rien de terrible pour les jours à venir. On a la chance de pouvoir ranger les appareils dans les hangars en prévision des orages.

On s'installe confortablement dans le gîte de l'aérodrome où rien ne manque : cuisine, dortoir, sanitaires, douches… belles installations qu'on aimerait trouver sur d'autres terrains !

Equipé d'une carte GPRS sur mon ordinateur portable, nous suivons la météo qui s'annonce assez épouvantable. On a beau consulter tous les sites météo de France et d'Europe : demain, ça craint… Après discussions, nousenvisagerons de rester une journée à Feurs et de partir le surlendemain vers Blois pour éviter de rester coincés au beau milieu du massif central.

En partant au restaurant, on tombe en arrêt devant un jardin peuplé d'une multitude de girouettes représentant toutes sortes d'avions ; c'est assez far-felu mais fort sympathique !


 

Lundi 6 août : Feurs et ses environs

 

Il ne pleut pas encore… la météo nous annonce même une matinée ensoleillée ! On en profite pour changer les équipages : Denis fait voler Roland, Jéro et moi échangeons nos femmes : Réjane découvre ainsi les joies du pendulaire pendant que Thérèse passe en 1ère classe à bord du Storch… pendant que Jeannette décide stoïquement de s'envoyer en l'air avec Jeannot

Thérèse et moi partons à l'assaut des châteaux de la région, jusqu'à la surprenante bâtisse médiévale d'Urfé au beau milieu du Haut Forez. La vallée et les gorges de la Loire, jusqu'à Roanne, graveront le souvenir d'un paysage magnifique dont la perle unanimement reconnue est le château de La Roche.

Les sensations à bord du Tétras n'auront pas suffit à Denis et Roland : nous les voyons ci-contre de retour d'une incroyable démonstration de voltige à bord d'un Fouga ; voyant cela, le leader solo de la Patrouille de France présent sur les lieux leur décerne la légion d'honneur avant d'aller se pendre : belle leçon d'humilité !

Tout cela a été dignement fêté autour d'un bon barbecue et sous un ciel de plus en plus menaçant. On aura tout juste le temps de remballer le matériel avant de regagner nos pénates et accomplir une bonne sieste pendant que des trombes d'eau s'abattent sur notre gîte.

 

La soirée se passera dans un restaurant dont la patronne aurait manifestement préféré se trouver ailleurs. Robocop nous aurait gratifiés d'un sourire plus avenant et d'un service plus délicat ! Pour couronner le tout, en grillant un cigare à l'extérieur entre la poire et le fromage, je tombe sur un freluquet fort impressionné par mon tee-shirt aux couleurs de la Direction Générale de l'Aviation Civile ; il me demande si je suis "en inspection" avant de m'annoncer fièrement qu'il est pilote privé depuis au moins deux mois (bigre !). Après m'avoir entendu lui dire que nous étions en ballade ULM, il m'a servi un discours édifiant probablement basé sur sa longue expérience : la radio devrait être obligatoire partout, et le transpondeur aussi (et toc !) ; c'est une question de sécurité avec laquelle on ne transige pas ! Je n'ai même pas réussi à le convaincre que – radio ou pas – le b-a-ba du vol à vue consiste à voir et être vu ; quant à l'impérieuse nécessité d'un transpondeur, n'en parlons pas ! Cela m'aura au moins appris que je vieillis bien : je suis resté d'une rare courtoisie alors que je mourrais d'envie de lui tordre le cou… Beau spécimen d'abruti formaté par son instructeur, lequel nous assurera quelques instants plus tard avec morgue que la météo qu'il connait forcément mieux que nous ne nous permettra pas de partir le lendemain – ce que nous ferons pourtant sans encombre. Comme quoi il y a vraiment des cons partout, ce n'est pas qu'une rumeur.


 

Mardi 7 août : Feurs – Châteauneuf sur Cher – Chouzy sur Cisse

 

Nous voilà partis en direction de Chouzy sur Cisse, à un peu plus de 300 kilomètres au nord ouest. Rendez-vous pour casser la croute à Châteauneuf sur Cher, avec une escale pétrole intermédiaire pour les moustiques.

Denis et moi partons à l'assaut du Forez, de plus en plus près des nuages à mesure que le relief augmente ; l'horizon se bouche et il faut (presque) slalomer entre les villages pour éviter les clochers des églises…Après avoir passé les dernières crêtes à 2 200 ft, l'horizon s'éclaircit enfin....On s'annonce à la verticale de Châteauneuf au même moment, on intègre la vent arrière en même temps… et on ne se voit toujours pas. Par précaution, je m'éloigne sans comprendre comment c'est possible ; ce n'est que de retour en vent arrière que je vois le Tétras en étape de base – dernier virage – posé… je peux y aller. Il faut croire que nos appareils blancs sur fond de nuages blancs sont quasiment invisibles.

En attendant les moustiques et l'intendance, on trace des plans sur la comète pour la seconde étape du jour en direction de Chouzy. Tout le monde arrive à bon port sur le coup de midi pour profiter des emplettes de Réjane et Jeannette. Raisonnablement sustentés et ragaillardis, nous voilà repartis illico presto pour fuir le mauvais temps qui nous rattrape par le sud.

Nous décidons de suivre le Cher jusqu'à Chenonceau, dont Denis émerveillé fait le tour une bonne cinquantaine de fois avant de se décider à rejoindre la Loire pour notre destination à quelques kilomètres au nord.

 

Avec une ligne électrique d'un côté et une forêt de l'autre, le terrain de Chouzy s'aborde avec précaution. Tout le monde arrive en même temps et c'est un poil le bordel sur la piste, ce qui inquiète passagèrement Philippe, le sympathique propriétaire des lieux. Il nous fait visiter son domaine, où il propose de multiples activités : tir à l'arc, quad… et bien entendu ULM.

Roland se lie d'amitié avec le ragondin dudit Philippe et il faudra de longues négociations pour qu'ils acceptent de se séparer afin qu'on puisse rejoindre notre villégiature de rêve à quelques centaines de mètres de là …Après un bon dîner bien gastronomique, je goûte au plaisir d'un matelas détrempé (grâce à un velux resté ouvert), ce dont je profite pour empêcher Thérèse et Jéro de dormir – à moins qu'ils n'aient eu d'autres projets ?


 

Mercredi 8 août : Les châteaux du Cher et de la Loire

 

J'emmène ma Réjane à moi pour la tournée des châteaux : Chaumont et Amboise tout d'abord.

J'offre une bière (même deux) à qui me mettra un nom sans erreur sur chacun des châteaux ci-dessous. Comme les trois premiers sont les plus faciles, je vous aide : Chambord, Cheverny, Chenonceau… (il n'en manque plus que cinq : même pas dur ! Quoique…)

 

Après cette promenade fort sympathique jusqu'en début d'après-midi, une partie de la troupe est partie explorer les richesses vinicoles pendant que l'autre trace des plans sur la comète pour l'étape du lendemain, la dernière si tout va bien…

On s'est trouvés fort gâtés, avec une provision de souvenirs solides et liquides, et un apéritif dînatoire fêtant comme il se doit le dernier repas que nous prenions ensemble. Mine de rien, une semaine d'intense proximité finissait de s'écouler ; ça aurait pu durer un peu plus longtemps qu'on s'en serait tous bien portés.


 

Jeudi 9 août : vaine tentative de retour au bercail

 

La veille, la météo annonçait une dégradation par l'est qui compromettait sérieusement nos chances d'arrivée sur nos destinations respectives. Il fallait envisager un départ à l'aube.

 

Avant que le soleil ne se lève, Denis et moi prenons pied sur la terrasse de l'hôtel pour attraper le réseau GPRS et vérifier la météo.

On est sûrs de partir, un peu moins d'arriver…A la première heure, tout le monde prend le chemin du terrain ULM pendant que les brumes se dissipent sous un soleil qu'on aimerait trouver sur tout le trajet.

 

Chacun prépare sa machine ; les cartes et les navigations sont prêtes… bref, tout le monde est sur le pied de guerre pour tenter de rallier les Ardennes pour les uns, la Meuse pour les autres. Si tout va bien, on se retrouve à Pont-sur-Yonne pour une étape intermédiaire à l'heure du déjeuner.

 

De crainte de manquer de carburant, j'emporte un bidon de secours de 10 litres sur le siège passager ; avec un total de 70 litres, c'est plus qu'il n'en faut… mais on n'est jamais assez prudent !

Quelques minutes après le décollage, nous voilà au-dessus d'une légère brume – soleil de face – qui donne un paysage surprenant, quasi lunaire ; on a vraiment l'impression d'être dans un autre monde

Tout se passe bien, même si au fil de notre progression les nuages s'amoncellent ; ici où là, on essuie quelques gouttes mais ça passe !

Pour voler à ma vitesse, Denis n'est pas à plein régime ; son 4 temps commence à givrer (gloups !). Il met plein gaz jusqu'à Pont sur Yonne où je le rejoins 

Je vide mon bidon de secours dans les réservoirs, et on décide que Denis poursuive au meilleur régime pour ne pas givrer ses carbus. Quelques kilomètres avant Vitry le François, rien ne va plus. Il pleut et les nuages sont très bas. On décide de se poser ; j'ai l'impression de revivre la même histoire que l'année précédente – en l'occurrence j'aurais dû me poser à Vitry, ce qui m'aurait évité de me retrouver enlisé dans un champ avec ma Léa (mais c'est une autre histoire…)

 

On décide de laisser les machines sur place. Impossible de les rentrer à l'abri ; elles resteront dehors, derrière la maison du gardien – un homme aussi charmant que serviable. Véronique, l'épouse de Denis, vient nous chercher en voiture et me dépose à Bar le Duc où je récupère mon auto.

Arrivé à Clermont, j'ai des nouvelles des moustiques en perdition. Ils ont dû se poser à Romilly sur Seine et n'ont pas très envie de passer deux jours sur place en attendant de meilleurs jours ; ni d'une ni deux, je pars les y chercher pour les déposer à Sedan. Ils récupéreront leurs machines le samedi suivant. Quant aux coucous abandonnés à Vitry, Réjane m'y emmènera avec Patrick, copropriétaire du Tétras, le dimanche matin juste avant l'arrivée des manouches.

 

La boucle est ainsi bouclée. Vivement la prochaine fois !


 

 

 


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